Déconfinement : voie royale à la mobilité douce ?

Province de Namur, le 8 mai 2020 | 0 commentaire

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Lors de l’annonce de cette première phase de déconfinement, qui allait réactiver un flux de déplacements conséquent, le Conseil National de Sécurité a recommandé de privilégier les modes de transports individuels. Le mode de déplacement qui semble répondre adéquatement aux exigences sanitaires de distanciation sociale, qui apporte une solution idéale à la redistribution équilibrée de l’espace public et qui permet de désencombrer les transports en commun, laissant la place aux usagers prioritaires, c’est le vélo ! D’ailleurs, qu’ils soient avérés ou en herbe, les cyclistes n’ont pas attendu le déconfinement pour réinvestir les rues devenues soudain plus sécurisantes depuis la désertion, en majorité à 70%, du flux automobile et la fermeture temporaire de certains grands axes.

Pourtant, alors qu’un grand nombre de personnes se sont récemment converties à ce mode de transport, cet engouement  pourrait disparaitre avec la reprise d’un trafic motorisé massif. C’est pourquoi le Gracq (Groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens), conscient de l’opportunité brûlante d’insuffler des changements majeurs dans les politiques de mobilité locale, a soumis aux gestionnaires de voiries communales une quinzaine d’idées d’aménagements transitoires pour ouvrir plus largement l’espace public aux modes de déplacements doux, tout en garantissant le maintien des distances de sécurité entre les personnes. https://www.gracq.org/actualites-du-gracq/amenagements-cyclables-temporaires

Le concept même de mobilité douce implique également d’accorder une place primordiale à la voix des usagers eux-mêmes, principaux protagonistes au cœur des flux de mobilité. Ainsi, depuis quelques années, en Province de Namur et partout ailleurs, des cyclistes se regroupent, réfléchissent collectivement pour établir des constats, rédiger des recommandations pour leurs trajets devenus quotidiens. Constitués en réseau de citoyens, en comité de quartiers ou autour d’initiatives en transition, leurs idées d’amélioration s’avèrent, aujourd’hui, plus que pertinentes. Ainsi, tenant compte de leurs demandes, certaines communes ont pris les devants et viennent d’adopter de nouveaux plans ou règlements communaux de mobilité durable pour notamment renforcer la sécurité des cyclistes. Ainsi, en province de Liège, certaines communes ont opté pour l’aménagement de nouvelles pistes cyclables et l’imposition de zones 30km/heure dans leur centre-ville. Dès le 11 mai, en région bruxelloise, 16 communes sur les 19 vont adopter les « slowstreet » rendant un maximum l’espace public accessible aux usagers faibles et à la mobilité douce. La vitesse y sera limitée à 20km/h et les déplacements des piétons ne seront plus limités aux trottoirs.

Actuellement, notre institution provinciale mène également une réflexion quant à l’opportunité de développer des « autoroutes cyclables », sur le modèle hollandais, afin de réduire drastiquement les embouteillages des centres villes. L’idée est de créer des pistes cyclables sécurisées, isolées de la route, qui pourraient accueillir les vélos atteignant une vitesse maximale de 45 km/h. Elles permettraient de rendre possible des déplacements à vélo qui, jusqu’ici, présentent des risques trop importants.

Citons également l’initiative récente du collectif Sentiers de Malonnes qui s’est penché sur la sécurisation des abords des écoles, et propose, pour septembre, l’équivalent d’un ramassage scolaire, mais à vélo.

Ces exemples de réalisations concrètes nous confortent dans la capacité d’agir de l’intelligence collective. C’est pourquoi nous vous invitons à prendre contact avec votre échevinat en charge de la mobilité ou les membres de la Commission Aménagement du Territoire et Mobilité de votre localité pour leur soumettre votre expertise d’usagers.

Si vous aussi, en tant que citoyen, vous vous sentez concerné par cette question de mobilité douce et que vous souhaitez participer au débat pour davantage pédaler dans la joie, nous vous invitons à rejoindre des groupes de réflexions près de chez vous: Reseautransition  Groupes de réflexion du gracq